Sheila On dit… : Les années 70

Julietta

L’agent secret

Sheila démarre les seventies avec « Julietta » sur un rythme de musique espagnole et de castagnettes. L’attaché de presse Umberto Petrucci (Mémé Ibach) commence petit à petit à s’imposer, sous le pseudonyme Humbert Ibach. Il coécrit « Le soleil est chez toi » avec Claude Carrère. Le producteur ne savait pas qu’il se cachait derrière ce nom et lui demandait même, de prendre exemple sur un certain Humbert Ibach. Umberto Petrucci adopta « Humbert » d’Umberto et « Ibach » d’après une idée du chanteur Monty, en jouant sur un piano Ibach. Entre-temps, elle apprend le judo avec le cascadeur Michel Berreur, conseiller technique des scènes de bagarre dans les films pour les besoins de sa chanson « L’agent secret » à la télévision sur une mise en scène à la « James Bond Girl ». Il lui met à disposition également sa salle pour les répétitions de son titre « Julietta » avec ses danseurs et apparaîtra en boléro damassé et maxi-jupe.

Lien détaillé : « Julietta »

Le 21 mars 1970, la chanteuse présente officiellement son fiancé à la presse, le professeur de tennis Pierre Cohen. Depuis un an et demi, leur relation était restée secrète. Il enseigne au Club de Tennis à Valescure (Côte d’Azur), possède une licence en droit et vit entre Paris et Marseille. Les fiancés continuent de pratiquer le tennis, trois fois par semaine au Club de la Châtaigneraie à Rueil Malmaison.

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Un jeune provincial de Toulouse patiente sur le canapé de la salle d’attente des Disques Carrère. En arrivant, Sheila l’aperçoit vite fait et se précipite dans le bureau du producteur. Ils discutent de leurs affaires et lui demande des renseignements, concernant le jeune homme qui attend. Claude Carrère répond, qu’il veut chanter mais ne sait pas quoi en faire pour l’instant. Il s’agit de Guy Bayle qui vit chez sa tante. Sa cousine étant inscrite au conservatoire, lui présenta Xavier Gélin, fils de l’acteur Daniel Gélin. Il lui conseilla de se lancer dans la chanson à cause de son physique très play-boy. Xavier Gélin lui indiqua l’adresse d’André Salvet. Le jeune toulousain le trouva et fut reçu par sa belle-fille Catherine Clément (Éditions Tutti). Elle lui donna comme contact Claude Carrère. Lors de ce rendez-vous, le chanteur Monty présent dans le bureau remarque un certain regard entre la chanteuse et Guy Bayle. Un risque qui devient gênant car il connaît bien Pierre Cohen. Le producteur transmet au toulousain une liste de maison d’éditions à contacter, pour trouver des chansons. L’attaché de presse Umberto Pettrucci (Humbert Ibach : Mémé Ibach), décide de s’en occuper avec sa compagne Maryse (Europe 1), la futur femme de Philippe Gildas. Il l’auditionne au Studio Davout à Paris 20è, sur un titre de David-Alexandre Winter « Oh lady Mary ». L’attaché de presse ressent le besoin d’exister autrement et souhaite le produire. Claude Carrère annonce qu’il le prendra en main en sa compagnie.

Sheila reçoit le 26 avril 1970, la « Croix Rosette (Officiel Argent) » et le diplôme de « Chevalier de la Société des Arts, Sciences et des Lettres » par Monseigneur Marty, au Palais de la Mutualité à Paris 5è, à l’occasion de la journée de l’enfance handicapée et pour sa contribution gracieuse à des œuvres diverses.

Elle obtient une médaille pour son engagement avec la S.P.A (Société Protectrice des Animaux) le 6 juin 1970, au même titre que Mick Micheyl et Jean Richard, dans les salons de l’Hôtel de Ville à Paris.

Ma vie à t’aimer

Claude Carrère abandonne le concept du 45 Tours à quatre chansons, pour laisser place aux deux titres. Il devait lui proposer « Pardonne-moi ce caprice d’enfant », mais le manager Johnny Stark le devança pour Mireille Mathieu. Sheila sort « Ma vie à t’aimer », un excellent slow coécrit par Eric Charden avec de très jolis arrangements modernes et stylés. L’autre face « Chéri, tu m’as fait un peu trop boire ce soir » est chorégraphié par Jean Schmitt « Johnny Marie », en télévision. Au Studio C.B.E, l’ingénieur du son Bernard Estardy devra son professionnalisme à trois personnes : Jacques Revaux pour l’harmonie, Claude François pour la rythmique et Claude Carrère pour l’efficacité. Bernard Estardy utilisera toutes les ruses en bricolant des raccords, afin d’obtenir un nouvel écho qu’on appellera le son « Estardien », le spécialiste de la chambre d’écho et d’une boite qui rendra les voix magiques. L’ingénieur du son a été témoin de la chanteuse à ses débuts qui dansait dans les studios d’enregistrements, pour donner soi-disant un tonus aux musiciens qui jouaient.

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Lien détaillé : « Ma vie à t’aimer »

Du 16 au 20 septembre 1970, Sheila se rend à la Mostra Internazionale di Musica Leggera Italiana (Festival International de la Chanson), et interprète « Adios amor » en italien à Venise (Italie). Entre-temps, elle tourne une séquence de ce titre pour le film « Terso Canale, Avventura a Monté-Carlo ».

En octobre 1970, la chanteuse participe à un tournage pour le magazine Télé Poche. L’hebdomadaire propose chaque semaine un roman photo, avec les vedettes du moment et le producteur vient de négocier cette opération pour son artiste. Il profite d’y intégrer au casting le jeune toulousain Guy Bayle, dans une « Une hôtesse nommée Sheila ».

Reviens, je t’aime

L’artiste sort « Reviens, je t’aime » coécrit par Umberto Petrucci (Humbert Ibach : Mémé Ibach), repris en allemand par France Gall « Kommst du zu mir », puis « La pluie » chorégraphiée par Jean Schmitt « Johnny Marie » avec des danseurs et pour accessoire un parapluie.

Lien détaillé : « Reviens, je t’aime »

En 1971, Sheila annonce dans la presse, la préparation d’un premier album concept avec exclusivement des nouvelles chansons. En effet depuis ses débuts et pour les fêtes de Noël, elle ne sortait que des 33 Tours regroupant les titres de l’année.

Claude Carrère commence à s’occuper du jeune toulousain Guy Bayle, qui prend des cours de chant chez madame Darcœur à la Salle Pleyel. Un jour, le jeune homme croise la chanteuse dans les escaliers et échange quelques mots. Il décide de l’attendre et lui demande de prendre un café. La petite fille de français moyen accepte et en profite pour faire mieux connaissance en sa compagnie. Sheila trouve étonnant et surprenant que le producteur attende longtemps pour le lancer. Petit à petit, ils apprendront à mieux se connaître et se verront régulièrement.

Les magasins de La Boutique de Sheila s’additionnent à 48 en France. Les Disque Carrère s’installent au 39 Rue Jean Goujon à Paris 8è.

Les rois mages

Le chorégraphe Jean Schmitt (Johnny Marie) devient parolier. Il découvre en Italie, la musique d’une publicité de Fiat « Tweedle dee, tweelde dum », du groupe les Middle of the Road et en écrit l’adaptation « Les rois mages », qui sera chorégraphié avec des danseurs par celui-ci. Cette chanson marquera un virage dans la carrière de Sheila, vêtue d’un short ultra court et sexy, pull-over très brillant, gros ceinturon et bottes, avec un style musical mélangeant la pop et la variété. Elle enregistre la version espagnole « Los reyes magos », qui se classe en Argentine, Espagne, au Mexique, etc. En France, la chanteuse rassemble un public de 7 à 77 ans, réunissant la jeunesse ado et les parents avec son plus grand hit français.

Lien détaillé : « Les rois mages »

Le 19 mars 1971, Sheila reçoit la « Note d’Or de la Chanson Française » remise par Jean Nohain et Roger Lanzac, d’après un référendum du magazine Bonne Soirée, avec la présence d’Enrico Macias et de 1.000 invités au Pavillon d’Armenonville. Une dizaine de gagnants participèrent au jeu en expliquant pourquoi la chanteuse, représentait pour eux la jeunesse française.

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Love

Blancs, jaunes, rouges, noirs

Sheila sort enfin son premier album. Il s’agit du premier disque de la maturité adapté à son image populaire. Elle évoque même des thèmes différents sur un monde très avant-gardiste, rend hommage à ses parents et interprète l’exotisme « Trinidad » coécrit par le célèbre Henri Salvador, avec des arrangements modernes de Jean-Claude Petit. Il marque un grand tournant et surtout un grand succès auprès de son public. Après le triomphe du titre « Les rois mages » encore en tête du grand public, elle sort en extrait une chanson sur l’égalité des « Blancs jaunes rouges noirs » et pour l’autre face sur l’écologie « Vive la terre ». La chanteuse entame la promo en continuant dans la mode du short en jean court et sexy. Le titre « Trinidad » sera présenté en télévision avec une chorégraphie en compagnie des danseurs du ballet d’Arthur Plasschaert.

L’artiste vient d’acheter un terrain de deux hectares, situé 6 rue du Val Martin, appartenant à la commune de Sainte-Gemme vers Feucherolles (Yvelines). Elle y fait construire une maison de 600 M², entre la forêt de Marly le Roi et Saint-Nom la Bretèche à 35 kilomètres de Paris. Un pavillon existe déjà, comprenant quatre garages au rez-de-chaussée et y aménagera des appartements pour les employés de maison. Avec l’aide de l’architecte Jacques Belluze, un ami de Monty, la chanteuse dessine pratiquement tous les plans et confie la réalisation des travaux à Michel Sauvage, l’entrepreneur de Charles Aznavour. Le sous-sol sera entièrement consacré à la musique avec l’installation d’un studio d’enregistrement pour travailler les maquettes, les répétitions et l’entraînement de la danse. Claude Carrère envoie la presse et Sheila sur le chantier de la construction de sa propriété. Au fur et à mesure on la verra photographiée avec les ouvriers en train de poser les briques, de faire du ciment, etc. afin de montrer au public que l’artiste construit sa maison, elle-même !

Au même moment le 14 septembre 1971, l’hebdomadaire France Dimanche titre « Sheila, elle a retrouvé l’amour. On parle déjà de nouvelles fiançailles. Il m’aime et je revis. Frédéric a su lui faire oublier son chagrin ». Le journal révèle qu’il s’appelle « Frédéric », un grand garçon brun de 25 ans et serait industriel. Le jeune homme apparaît de dos en photos et ressemble beaucoup à un nouveau chanteur.

Lors de son passage du 25 novembre 1971 pour une émission de radio dans les Studios de Mons en Belgique, elle se dirige vers les platines en y posant un 45 Tours « Elle, je ne veux qu’elle » de Ringo, nouvel artiste produit par Claude Carrère.

Le 8 décembre 1971, la chanteuse reçoit la « Palme d’Argent du Prix Antiraciste » par la L.I.C.R.A (Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme) pour son titre « Blancs jaunes rouges noirs », remise par Pierre Bloch.

J’adore

Un nouvel extrait de l’album parait avec le fameux duo « J’adore », en compagnie du comique Aldo Maccione, qu’elle interprète en télévision déguisée en vamp avec jupe fendue, perruque bouclée et fume cigarette.

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Lien détaillé : « Blancs, jaunes, rouges, noirs »

Samson et Dalila

Claude Carrère renouvelle l’opération de l’année dernière avec une adaptation du groupe les Middle of the Road « Samson et Dalila », et sur l’autre face « Plus de chansons tristes » adaptée par Pierre Delanoë.

Lien détaillé : « Samson et Dalila »

La presse se pose des questions sur Sheila et son collègue le chanteur Ringo. Ils font pratiquement les mêmes émissions ensemble et se rencontrent chaque jour dans les bureaux des Disques Carrère, ainsi qu’au studio d’enregistrement, etc. Les magazines en concluent qu’ils sortent entre copains et qu’aucune photo ne circule dans les couloirs de rédactions. Ils vont continuer de laisser circuler les rumeurs de mariage. Les deux artistes sont poursuivis par les « paparazzis », qui se planquent partout en les pistant et attendant des heures. Un journaliste du magazine Hit s’amuse à se cacher près du chantier, de la maison en construction. Lorsque le couple arrive, il constate que c’est le chanteur qui conduit la voiture de la petite fille de français moyen et ne manque pas de les photographier.

Le 5 avril 1972, un animateur de radio annonce le mariage de Sheila, avec le chanteur Ringo. Une demi-heure plus tard, elle téléphone pour démentir l’info.

Contraint de subir l’histoire de ses deux artistes, Claude Carrère profite de la situation en envoyant ses deux vedettes en reportage avec une interview pour le magazine Salut les Copains « Sheila et Ringo bientôt mariés ? Nous allons tout vous dire… » Une certaine façon d’officialiser leur union avec des photos de Benjamin Auger, mais sans en parler ouvertement, puisqu’ils affirment se comporter comme des amis très proches. En revanche, le producteur y voit une opportunité de donner un coup de pub au nouvel artiste.

Distribution Carrère

Le manager crée la société Distribution Carrère, pour la diffusion des artistes du label « Disques Carrère » chez les disquaires. Il récupère également ceux distribués par les Disques Philips, qu’il produit également. Claude Carrère embauche une équipe commerciale pour alimenter la distribution. Ces artistes appréhenderont d’être négligés au profit de Sheila, alors que plus l’agrandissement se fera et plus elle s’amortira. Les Disques Carrère font un chiffre d’affaires estimé à 30 millions de francs et une mise en place chez les disquaires, à 100.000 exemplaires.

Le mari de mama

Pendant cinq jours, elle répète la chorégraphie de son nouveau 45 Tours « Le mari de mama », pour le présenter à la télévision en combinaison à paillettes du couturier Loris Azzaro. La chanteuse y obtient la mention spéciale « Disc Jockey Été 72 » par les Clubs de l’Été.

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Lien détaillé : « Le mari de mama »

Pendant l’été, Sheila officialise enfin sa relation avec le chanteur Ringo devant les journalistes et les photographes.

Poupée de porcelaine

Claude Carrère demanda à Jean Schmitt, d’écrire un texte à partir du titre « Poupée de porcelaine » pour les dix ans de carrière. En promo, elle apparaîtra dans des robes de chez Loris Azzaro ou Ted Lapidus.

Lien détaillé : « Poupée de porcelaine »

Le 13 février 1973, Anne-Marie Peysson et Maurice Favières lancent un appel aux auditeurs afin qu’ils se mobilisent en guise de signe de ralliement, l’emblème de la station avec le rond rouge au mariage de Sheila, d’après une idée de l’attaché de presse Umberto Petrucci (Mémé Ibach). Sept mille personnes se rassemblent devant la Mairie du 13è arrondissement de Paris. Claude Carrère loue trois Rolls-Royce, aux futurs mariés et à leurs proches qui arrivent au milieu de la foule. Les agents de police sont obligés de monter sur le capot de la Rolls, pour faire la circulation. Vers 11 heures, elle apparaît dans une robe de Loris Azzaro et rejoint Ringo, devant le maire Claude Avisse. Ils reçoivent les félicitations du ministre des P.T.T et député de l’arrondissement, Hubert Germain. Les jeunes mariés se sauvent par une petite porte de la mairie et se rendent à la cérémonie religieuse, à l’Église Notre-Dame de la Gare. Sheila et Ringo y retrouvent leurs témoins respectifs, le journaliste Willy Guiboud (Télé Poche) et l’acteur Xavier Gélin. Les journaux de 13 heures diffusent en direct le « oui » de la chanteuse sur toutes les radios et télévisions de France, au milieu d’un public qui n’est pas venu à la messe mais au music-hall. Les alliances perdues sont retrouvées par le curé devant des personnes montées sur les statues religieuses, les chaises, etc. Un mouvement de foule bouscule les premières rangées. La jeune mariée déboussolée prête à tourner de l’œil, essaie de sauver une personne qui va tomber et se retrouve avec une perruque à la main ! Ils sont tiraillés, poussés, repoussés et assaillis par la foule, ressemblant à une cohue de sortie d’émission. Sheila et Ringo partent avec leurs proches, déjeuner au restaurant du Clos Saint-Antoine chez Georges Pélissier à Feucherolles (78). Ils terminent la soirée à La Grande Cascade du Bois de Boulogne, en compagnie des deux familles, des amis proches et des célébrités.

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Les gondoles à Venise

Suite à une rencontre avec Jacqueline Herrenschmidt (Barclay), l’auteur Michaele écrivit « La clef qui n’ouvre pas la porte » avec Lana et Paul Sébastian, pour Christian Delagrange. Finalement le projet n’aboutit pas et Michaele décida de remplacer le texte, en proposant un thème sur Venise pour Lana Sébastian. Celle-ci en fit une maquette et la proposèrent à Claude Carrère. Il écouta la chanson et pensa déjà à une idée. Le producteur souhaita que Sheila et Ringo puissent enregistrer ce titre ensemble. Le manager utilise tous les moyens avec ce duo « Les gondoles à Venise », que reprendra plus tard Stone & Charden en 2012 ou le grand orchestre d’André Rieu en 2014, etcUne rengaine susceptible de faire rêver et idéaliser les jeunes filles sans allusions politiques, ni de sexualité militante mais juste un parfum de poésie pour les classes moyennes qui ne peuvent pas s’offrir de vacances à Venise ou ailleurs. Pour le moment, il n’est pas question d’un voyage de noce car Sheila dira plus tard avec beaucoup d’humour que c’était boulot, boulot, y’a les gondoles à pousser !… En promo, elle apparaîtra en robe moulante avec un cœur décolleté à paillettes du couturier Loris Azzaro en compagnie de Ringo, habillé d’une combinaison également moulante à clous, tout en velours et patte d’éléphant. Les jeunes mariés triomphent en France et se classent même au Pays-Bas, mais ne comptent pas continuer une carrière ensemble.

Lien détaillé : « Les gondoles à Venise »

En mars 1973, le couple emménage dans leur nouvelle maison à Feucherolles. Une habitation presque digne des grandes stars, style villa hollywoodienne avec au sous-sol, une salle de musique équipée d’une console d’enregistrement et de répétition pour les maquettes, etc.

Claude Carrère s’associe avec Jim et Anne-Marie Larriaga, en créant un label de production « Frédéric Productions » pour la Distribution Carrère. Ils produisent le premier succès de Roméo « Maman ». Le producteur l’inscrit au même cours de chant que Sheila et Ringo, chez Jacques Potier.

Adam et Ève 

L’écrivain Gilbert Sinouë proposa une chanson américaine à Claude Carrère, pour en faire une adaptation. Il rédigea donc plusieurs versions et finalement termina sur « Adam et Ève », une réminiscence biblique des « Rois mages ». Le producteur préféra annuler l’idée du titre américain et sollicita une musique originale de Jean-Claude Petit. L’auteur Jean Schmitt sortit un texte qui dormait dans un tiroir, pour retravailler dessus.

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Lien détaillé : « Adam et Ève » 

Mélancolie

Claude Carrère demanda à la journaliste Katherine Pancol de faire un article sur Sheila, pour le magazine Mademoiselle. Il mit la bande d’une musique en précisant de créer une adaptation française dessus. Elle proposa un texte et le producteur accepta en cosignant « Mélancolie ». Sur l’autre face, la chanteuse interprète déjà les problèmes de couple avec la chanson « Cœur blessé » coécrite par Jean Broussolle des Compagnons de la Chanson. Pour la promo de « Mélancolie », Sheila sera accompagnée par des danseurs sur chorégraphie d’Arthur Plasschaert et s’habillera en robes de chez Loris Azzaro, Pierre Cardin ou Kenzo, etc.

Lien détaillé : « Mélancolie »

De nouveau Claude Carrère commence à penser à la scène en 1974. Il lui promet un prochain spectacle à l’Olympia mais en attendant, il l’envoie pour un reportage avec le magazine Salut les Copains « Exclusif ! Sheila fait l’Olympia, et si c’était son tour ? » avec le photographe Benjamin Auger. Elle accepte de concrétiser son propre rêve, en compagnie du journaliste qui imagine la journée et la soirée. Le photographe s’amuse à prendre des clichés, où on peut la voir en train de répéter avec les ballets d’Arthur Plasschaert, habillée par le couturier Yves Saint Laurent et maquillée par Jacques Clément (Elizabeth Arden).

La presse à scandales continue de s’acharner sur le couple. Ringo passe des nuits à enregistrer ses chansons en studio. Sa femme reçoit des appels téléphoniques anonymes pendant son sommeil, lui annonçant les frasques de son mari. Elle le prend comme une rumeur, venant de la jalousie des gens du métier. En attendant, le couple vedette tourne pour le magazine Télé Poche en participant de nouveau à un roman-photo « Top secret ».

Le couple

La chanteuse interprète les problèmes de « couple » que reprendra plus tard Clémence Bringtown de la Compagnie Créole en 1998, et son mari enregistre la « tentation ». Mathias Camison « Mat Camison » participe pour la première fois aux arrangements musicaux pour l’autre face « Allume ta radio » chorégraphiée lors d’une émission de télévision avec des danseurs sous le titre « Allume ta télé ». Musicien de studio et à la demande de Jean-Claude Petit débordé pour d’autres artistes, il lui proposa de le dépanner.

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Lien détaillé : « Le couple »

Tu es le soleil

Claude Carrère récidive dans les textes plus populaires avec « Tu es le soleil ». L’auteur-compositeur et interprète Michel Berger, obtient un rendez-vous avec le producteur et propose quelques chansons au piano, qui ne se feront pas.

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Lien détaillé : « Tu es le soleil »

Le 2 octobre 1974, la presse commence à révéler un événement : France Soir « Sheila, j’attends un enfant… » et Le Parisien Libéré « Sheila maman, elle veut un fils ! ». L’hebdomadaire Ici Paris met avant une info en annonçant « Sheila tricote. Ce sera un enfant, c’est pour ça qu’elle ne veut que de la layette bleue ».

Ne fais pas tanguer le bateau

Elle continue dans la variété traditionnelle avec « Ne fait pas tanguer le bateau ». Il existe une version complètement différente de ce titre avec un autre enregistrement en studio, une musique beaucoup plus moderne et un air différent, d’après les mêmes auteurs-compositeurs. Petit à petit, la chanteuse s’approche du disco sur un rythme soul et dance pour l’autre face du disque « Samedi soir ». Le public adhère complètement au style de « Sheila bientôt maman ! » avec un disque d’or supplémentaire. Les membres du Club Sheila grimpent jusqu’à 52.000 fans et tout va pour le mieux.

Lien détaillé : « Ne fais pas tanguer le bateau »

L’artiste annonce partout à la presse, à la radio et en télévision, qu’elle attend un enfant et continuera de travailler pratiquement jusqu’au bout. Claude Carrère se montre inquiet et surtout trop préoccupé de penser que Sheila ne pourra pas passer à la télévision, dans cet état. La presse cherche à révéler le moindre scoop du futur bébé. Pour le moment, elle a rangé ses jeans de chez New Man et ses robes Loris Azzaro en s’habillant chez Balloon, le magasin spécialiste des femmes enceintes. La chanteuse dévoile les prénoms de son futur enfant « Ludovic » ou « Stéphanie ».

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Son désir de chanter sur scène revient à nouveau et rêve de monter des shows en France et à l’étranger, avec un nouveau spectacle.

Sheila commence à constater que les rumeurs d’infidélités « rapportées » par son entourage professionnel concernant son mari, s’avèrent être vrai. La future maman songe au divorce, mais Claude Carrère refuse pour ne pas rendre sa carrière négative. Le couple vivra dans un rythme de plusieurs séparations et de réconciliations.

En février 1975, elle continue d’effectuer ses allers et retours, pratiquement tous les jours en allant à son bureau des Productions Disques Carrère. Les fans qui l’attendent souvent se montrent ravis de l’apercevoir à chaque fois. La plupart sont des filles âgées de 14 à 18 ans et ils y règnent une bonne ambiance, entre toutes et tous. La chanteuse vit sa grossesse bizarrement se sentant isolée, par rapport à son personnage public et de sa notoriété.

En mars 1975, Ringo crée un label de production « Formule 1 » toujours en contrat avec Claude Carrère, pour la sortie de ses disques dans la Distribution Carrère. Il veut entraîner son épouse dans cette nouvelle aventure, mais son instinct lui dit de renoncer.

Lien détaillé : « Ne fais pas tanguer le bateau »

C’est le cœur (Les ordres du docteur)

Malgré le repos en attendant « bébé », Sheila sort « C’est le cœur (Les ordres du docteur) » une adaptation française d’un titre disco. Elle vient de l’enregistrer assise sur un fauteuil, les jambes relevées avec une voix très douce, car la chanteuse avait des mucosités sur les cordes vocales. Mat Camison trouva la façon de chanter en dirigeant les séances avec Claude Carrère, d’une façon très sexy avec une voix superbe, beaucoup de charme et de feeling.

Lien détaillé : « C’est le cœur, les ordres du docteur »

Claude Carrère embauche une nouvelle attachée de presse Annie Markhan, qui travaillait avec Eddie Barclay. Elle s’occupera de toute la promotion des Disques Carrère et Distribution Carrère.

L’attaché de presse Umberto Petrucci (Humbert Ibach : Mémé Ibach), reçoit une proposition de Régis Talar (Tréma) et Jean-Claude Pèlerin (Disques Philips), pour la signature d’un contrat. Ils offrent une énorme somme d’argent et la possibilité d’être le producteur, en gérant la carrière de Sheila et Ringo. Le couple n’ose pas quitter Claude Carrère peut-être par peur de perdre un certain confort. Avant d’être accusé d’avoir volé les vedettes du producteur, l’attaché de presse préfère produire une artiste, indépendamment de son patron. Par l’intermédiaire de Max Amphoux (Éditions Allo Music), il fait la connaissance d’Isabelle Morizet et produit son premier single sous le nom de Carène Cheryl, en accord avec Claude Carrère. Sheila n’apprécie pas le comportement de son producteur, ni de son ancien attaché de presse et se sent « trahie » du fait de son absence provisoire.

La radio R.M.C (Radio Monté-Carlo), consacre la chanteuse : Femme de l’Année.

Le 7 avril 1975, vers 4 heures du matin, Sheila met au monde un petit garçon Ludovic Ringo Junior, filmé au magnétoscope par le papa à la Clinique Spontini de Paris 16è. Le bébé mesure 50 cm et pèse 3 kilos. Le prénom d’origine germanique signifie gloire et combat. Il fut choisi par Ringo en souvenir de son grand-père paternel. Afin de garantir leur tranquillité et en saisissant l’opportunité de surexposer l’image du bonheur médiatique, Claude Carrère convoque les radios, les photographes, la télévision, etc. Par la suite, les journalistes feront un débat sur le sujet d’un deuxième enfant du couple, mais le planning entraînera la chanteuse dans un système infernal. Le couple annonce que les prochaines photos de leur fils, seront publiées à l’occasion de son premier anniversaire.

Aimer avant de mourir « Aria »

Claude Carrère signe l’adaptation française du titre « Aimer avant de mourir ». Il s’inspire de la chanteuse devenue maman, dédié au nouveau-né. En séance d’enregistrement, l’ingénieur du son Bernard Estardy avait peur que ses machines ne tiennent pas la route, lorsque Sheila montait dans les aigus. Cette chanson avait besoin d’une étendue vocale très grande. Avec l’orchestrateur Mat Camison, ils craignaient que l’artiste abîme ses cordes vocales et devienne aphone.

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Lien détaillé : « Aimer avant de mourir (Aria) »

Pour concurrencer la présence de Carène Cheryl dans sa propre maison de disques, Claude Carrère produit avec Jim Larriaga, une nouvelle chanteuse : Julie Bataille.

Quel tempérament de feu

Elle publie « Quel tempérament de feu » avec des paroles dynamiques et une « Sheila » fonçant dans les décors en télévision, habillée de combinaisons à paillettes.

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Lien détaillé : « Quel tempérament de feu »

Un prince en exil

En télévision, la chanteuse interprète sa nouvelle chanson « Un prince en exil » vêtue d’une longue robe rouge et de sa fameuse cape, du couturier Loris Azzaro. L’autre face « Personne d’autre que toi » sort au Canada dans une version intitulée « Spécial Disco Mix » et se classe au Québec.

Lien détaillé : « Un prince en exil »

Ringo s’absente de plus en plus souvent pour la promo de son single « Les oiseaux de Thaïlande », avec la participation d’une charmante jeune femme Chantal Simard. Sur un coup de tête, son épouse décide de partir une semaine aux États-Unis, avec le photographe James Andanson et Leïla, la femme de l’animateur Fabrice (R.T.L).

Patrick, mon chéri

Sheila sort « Patrick, mon chéri » avec un texte assez érotique, évoquant les corps enlacés sur le sable au moment où l’été est très chaud et caniculaire. Il existe une autre version intitulée Spécial Club, comprenant un changement dans l’introduction avec une guitare basse supplémentaire. En télévision, elle apparaîtra vêtue d’une robe à peaux et des bottes à franges de broderies, ramenées des États-Unis.

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 Lien détaillé : « Patrick, mon chéri »

Suite à des problèmes de royalties, Umberto Petrucci (Humbert Ibach : Mémé Ibach) quitte définitivement Claude Carrère. Il entre dans une nouvelle maison de disques, avec sa chanteuse Carène Cheryl. Les journalistes demandent à Sheila son avis sur Carène Cheryl et Julie Bataille. Elle les considère comme des débutantes qui écoutent leurs producteurs influencés par sa carrière.

Le manager Claude Carrère fait construire un immeuble moderne de quatre étages, qui servira de local aux Disques Carrère devenant la Société Carrère Productions, situé au 27 rue de Surène à Paris 8è. Dans chaque bureau, le producteur installe des appareils, qu’il va manipuler du haut de son siège présidentiel en sonnant ses employés et sa chanteuse. Pendant des années, cet endroit va connaître beaucoup de mouvement avec les fans de tous les horizons, entre les sages, les excentriques, les fous-furieux, qui viendront attendre Sheila. Ils pourraient écrire un roman sur cette rue et certains doivent encore se souvenir des moments vécus dans la joie et le délire !

Les femmes

A la rentrée, elle propose « Les femmes » une chanson très moderne, style pop variété en même temps avec une nouvelle façon de chanter et dirigée en studio par Mat Camison. Pour la prestation en télévision, la chanteuse est vêtue d’une combinaison argentée et pailletée de Loris Azzaro.

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Le Club Sheila comporte 45.000 inscrits et il est considéré comme le plus impressionnant de France, d’après le Quid 1976.

La presse annonce la diffusion d’une émission Numéro 1… Sheila, mais au dernier moment Claude Carrère annule la prestation de son artiste. Actuellement, elle ne sait pas que depuis des années son producteur se rend souvent chez Maritie et Gilbert Carpentier, pour une émission spéciale. Ils lui proposent plusieurs thèmes mais à chaque fois, le manager pense que ce n’est peut-être pas encore le bon moment.

L’amour qui brûle en moi

Elle publie un disque de quelques nouveaux titres avec la participation des musiciens Pierre-Alain Dahan, Claude Engel, Slim Pezin, etc. et les Frères Costa (Georges et Michel) dans les chœurs. La chanteuse interprète un peu de poésie version populaire « L’amour qui brûle en moi » publié en premier extrait. Claude Carrère recherchait d’autres auteurs-compositeurs. Alice Dona et Sylvain Lebel proposèrent « C’est écrit », prévu pour Johnny Hallyday. Il l’enregistra sur une maquette avec un texte différent : « Il est écrit au fond des astres que je ne vivrai pas 100 ans, que je mourrai dans un palace comme le dernier des manants », en compagnie d’Alice Dona au piano, Jean-Pierre Goussaud à la guitare électrique et Sylvain Lebel à la guitare 12 cordes. Le manager voulait le titre pour Sheila, mais il fallait changer quelques phrases en évoquant l’immortalité et l’amour. Mathias Camison « Mat Camison » essaya plusieurs orchestrations qui ne collèrent pas et Claude Carrère demanda à Alice Dona de lui donner la maquette en deux prises, car il trouvait que ça sonnait mieux.

Lien détaillé : « L’amour qui brûle en moi »

En mars 1977, elle enregistre une nouvelle chanson au Studio C.B.E à Paris 18è, qui pourrait l’amener à une carrière européenne voire internationale.

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L’arche de Noé

La chanteuse retourne dans la tradition populaire avec « L’arche de Noé » et sa fameuse réplique « On le prend dis maman… ». L’image de la maman modèle continue d’être exploitée par Claude Carrère, avec une mise en scène pour la promo sur les plateaux de télévisions et de radios. Il y aura des animaux dont le canard Saturnin, qu’elle adoptera et un mouton qui dormira tous les soirs dans le garage de la Société Carrère Productions. Le producteur ajoute la participation de deux enfants : Elfie et Florent. La petite Elfie Astier se souviendra très bien des émissions de Danièle Gilbert ou de Michel Drucker, car elle était une enfant dissipée et Sheila lui faisait souvent remarquer.

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Lien détaillé : « L’arche de Noé »

Le 24 mai 1977, Claude Carrère lance un nouveau groupe S.B. Dévotion « Love me baby ».

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Sheila répète dans studio de danse installé au sous-sol de la Société Carrère Productions, une chorégraphie avec des danseurs à l’occasion d’une nouvelle chanson…

Publié dans : ||le 18 avril, 2020 |Pas de Commentaires »

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